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Congé supplémentaire de naissance : ce qui change au 1er juillet 2026 pour les employeurs

✍ Alicia Demonchy 📅 1er juillet 2026 ⏱ 6 min de lecture
Mains de parents tenant celles de leur bébé — congé naissance 2026

C'est une réforme sociale majeure qui entre en vigueur ce 1er juillet 2026 : le congé supplémentaire de naissance, créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026, article 99). Ce nouveau droit s'ajoute aux congés de maternité, paternité et adoption existants — il ne les remplace pas. Pour les employeurs, cela implique des obligations nouvelles à maîtriser rapidement. Voici le guide complet.

🌿 En résumé — Le congé supplémentaire de naissance c'est quoi ?

Un nouveau congé de 1 à 2 mois accordé à chacun des deux parents après la naissance ou l'adoption d'un enfant, en plus des congés légaux existants. Il est indemnisé par la Sécurité sociale à hauteur de 70 % du salaire net le 1er mois et 60 % le 2ème mois. Il peut être pris simultanément par les deux parents ou en alternance, d'un seul tenant ou fractionné en deux périodes d'un mois.

Les chiffres clés à retenir

2 mois
Durée maximale
par parent
70 %
Indemnisation
1er mois (net)
60 %
Indemnisation
2ème mois (net)
4 005 €
Plafond mensuel
SS 2026
9 mois
Délai max pour
prendre le congé
1 mois
Préavis à donner
à l'employeur

Qui est concerné par ce nouveau congé ?

Les bénéficiaires

Ce congé est ouvert à tous les parents actifs — salariés, travailleurs indépendants, fonctionnaires, agents contractuels de droit public, non-salariés agricoles, artistes-auteurs — ayant un enfant né ou adopté à compter du 1er janvier 2026. Il s'applique aussi en cas de naissance prématurée, dès lors que la naissance était prévue après cette date.

Il s'agit d'un droit individuel et non transférable : chacun des deux parents peut en bénéficier indépendamment de l'autre. Il peut donc y avoir jusqu'à trois bénéficiaires pour un même enfant dans certaines configurations familiales.

La condition préalable indispensable

Le salarié doit avoir préalablement pris l'intégralité de son congé de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption avant de pouvoir accéder au congé supplémentaire de naissance. Il ne peut pas être pris en lieu et place du congé parental d'éducation, qui reste disponible selon les règles habituelles.

Par ailleurs, à la date de début du congé, le salarié doit justifier de 6 mois d'affiliation à la Sécurité sociale.

Les délais à respecter

SituationDélai pour prendre le congé
Enfant né entre le 1er janvier et le 30 juin 2026Jusqu'au 31 mars 2027 (9 mois à compter du 1er juillet 2026)
Enfant né à partir du 1er juillet 2026Dans les 9 mois suivant la naissance
Naissances multiples ou congés légaux allongésDélai de 9 mois prolongé d'autant

⚠️ Cas particulier : si le salarié perçoit des indemnités journalières de maladie ou d'accident du travail, le congé supplémentaire de naissance est incompatible avec ces prestations. Il ne peut pas non plus être cumulé avec le congé parental d'éducation en cours.

L'indemnisation : qui paie quoi ?

Bonne nouvelle pour les employeurs : l'indemnisation est entièrement à la charge de la Sécurité sociale. L'employeur n'a pas à maintenir le salaire pendant ce congé, sauf disposition conventionnelle plus favorable.

Montant des indemnités journalières

L'indemnisation est calculée sur la base des 3 derniers mois de salaire brut précédant l'interruption d'activité :

À noter : ce congé permet également de valider un trimestre de retraite pour chaque période de 58 jours indemnisés.

Les obligations de l'employeur

1. Accepter le congé sans possibilité de refus

Contrairement au congé parental, l'employeur ne peut pas refuser le congé supplémentaire de naissance dès lors que le salarié remplit les conditions d'éligibilité. Il s'agit d'un droit légal opposable.

2. Respecter le délai de prévenance

Le salarié doit informer son employeur au moins 1 mois avant la date de début souhaitée, en précisant :

Ce délai est réduit à 15 jours lorsque le congé commence immédiatement après un congé de paternité, d'accueil ou d'adoption.

3. Transmettre la déclaration à la CPAM

C'est l'employeur qui doit effectuer la transmission auprès de la CPAM pour le calcul et le versement des indemnités journalières. Cette démarche s'effectue via la DSN. Des délais d'indemnisation plus longs sont à prévoir dans un premier temps, le déploiement ayant été accéléré.

4. Suspendre le contrat de travail

Pendant le congé, le contrat de travail est suspendu — comme pour tout congé légal. Pour un CDD, le congé ne prolonge pas la durée du contrat.

Impact sur les bulletins de paie

Pour les gestionnaires de paie, ce nouveau congé implique plusieurs ajustements :

⚠️ Attention à la DSN : le BOSS (Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale) a publié ses instructions le 5 juin 2026. Vérifiez que votre logiciel de paie intègre bien les nouveaux codes de motif de suspension liés au congé supplémentaire de naissance avant de traiter les premiers bulletins concernés.

Checklist employeur — congé supplémentaire de naissance

  • Informer vos salariés de ce nouveau droit dès que possible
  • Vérifier que votre logiciel de paie est mis à jour avec les nouveaux codes DSN
  • Consulter votre convention collective pour identifier un éventuel maintien de salaire
  • Mettre à jour votre règlement intérieur et vos process RH si nécessaire
  • Prévoir l'organisation en cas d'absence simultanée des deux parents
  • Transmettre la déclaration à la CPAM dès réception de la demande du salarié
  • Vérifier la compatibilité avec les autres absences en cours (maladie, congé parental)

Ce que dit le BOSS sur ce nouveau congé

Le Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale (BOSS) a publié ses instructions le 5 juin 2026, précisant notamment les modalités déclaratives pour les employeurs et les modalités de calcul des indemnités journalières. Ces instructions sont opposables aux organismes de contrôle (URSSAF) et font référence pour la gestion de ce congé en paie.

Le BOSS précise également que le congé supplémentaire de naissance ne modifie pas le calcul de la réduction générale de cotisations patronales pendant la période de suspension du contrat — les règles habituelles de neutralisation des périodes d'absence s'appliquent.

Vous avez un salarié qui demande ce nouveau congé ?

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Sources officielles

📎 Ameli.fr – Congé supplémentaire de naissance
📎 Service-Public.fr – Congé supplémentaire de naissance
📎 Légifrance – Décret n° 2026-419 du 30 mai 2026
📎 CAF.fr – Tout savoir sur le congé supplémentaire de naissance

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